PAR JO GATSBY
"Note Bleue", pastel sur papier Jo Gatsby 2003
L'histoire de l'Europa Jazz est d'abord celle d'un tandem, celui constitué dans les années
soixante-dix par Armand Meignan, alors CPE (conseiller principal d'éducation) dans un établissement secondaire de la Sarthe, le LEP d'Arnage, et Jean-Marie Rivier, l'un de ses collègues, entourés
par leurs proches et amis de l'époque, également passionnés de jazz et de contre-culture. A présent devenue l'un des incontournables des saisons jazzistiques européennes, l'édition 2011 de
l'Europa reste fidèle à une direction alliant la création, la découverte des valeurs sûres et des musiciens les plus innovants de la planète jazz, et celle des nouveaux génies du genre,
professionnels, le plus souvent, mais aussi amateurs, grâce à des évènements réunissant les meilleurs ensembles de jazz, fanfares, orchestres de rue, big bands, formations traditionnelles ou
éclectiques en diable.
Ce qui fait sans doute possible le charme de l'Europa, c'est la variété des genres, des styles, des
formats de groupes et l'alternance des plus grands solistes avec de stricts inconnu. On y entend des géants globaux de la musique, comme John Mac Laughlin en 1988 aux côtés de Paco de Lucia, ou
le saxophoniste américain Archie Shepp à plusieurs reprises - monstre sacré du genre attendu de nouveau cette année le 12 mai au soir en compagnie du pianiste Joachim Kühn - ou encore Keith
Tippett le pianiste britannique le plus controversial qui soit, Joe Mac Phee le saxophoniste et trompettiste américain de Poughkeepsie (Etat de New-York), postier dans le civil (le free ne
nourrit pas son homme, c'est bien connu), Michel Portal, le clarinettiste classique, jazz, polyvalent en diable, et une liste invraisemblable qu'un historien de ce festival pourrait établir en
fouillant dans les tonnes d'archives accumulées en trente deux années de musique et de rencontres exceptionnelles.
L'Europa a connu des années fastes, comme celle où les "pères du
Jazz italien", le saxophoniste Mario Schiano et ses amis en tête, vinrent créer un special project style Europa, en compagnie de l'Italian Instabile orchestra, qui est au Vienna Art ce que le
style pompier est à l'impressionnisme en peinture.
Il y a eu aussi l'année où l'inoubliable percussioniste brésilien Nana Vasconcelos et le saxophoniste européen Jan
Garbarek donnèrent des concerts d'une rare inventivité. A l'inventaire à la Prévert des innombrables moments d'exception prodigués par l'Europa et son programmateur directeur devenu permanent
Armand Meignan, préférons subjectivement la mention non exhaustive des quelques artistes qui ont fait de ce rendez-vous du jazz et des musiques actuelles le lieu de toutes les folies, de toutes
les avancées authentiques dans cet espace magique qui s'installe entre musiciens et auditeurs, lorsque les conditions d'une écoute correcte sont réunies.
Ainsi, véritable pilier à lui seul, le contrebassiste soliste anglais Paul Rogers, l'un des acteurs les plus
avant-gardistes de la musique anglaise contemporaine, y présentait en 2008 son solo "live" à l'image de celui enregistré l'année d'avant au Musée d'Aquitaine. Paul Rogers a aussi accompagné dans
le cadre de l'Europa plusieurs des meilleurs solistes européens, notamment le regretté Elton Dean, saxophoniste historique du Soft Machine venu lui aussi plusieurs fois jouer sur la scène de
l'Abbaye de l'Epau, notamment en compagnie du pianiste Keith Tippett dans sa création "Tapestry". Paul Rogers a si bien pris la mesure du Mans et de l'Europa qu'il y a trouvé compagne!
Elton Dean aura sans doute donné à l'Abbaye de l'Epau l'un de ses derniers concerts sur le modèle des formations de
taille moyenne - 8 à 10 musiciens improvisateurs - dont la créativité a inspiré plusieurs grands orchestres jazz européens, dans la foulée du Mike Westbrook band, comparable mélodiquement quoique
de façon marginale avec le New Jungle Orchestra du guitariste danois Pierre Dorge, également venu faire vibrer le public de l'Europa en ce début du XXIe siècle, peu après avoir marqué les
festivités de la liberté retrouvée en Afrique du Sud, où Dorge et son band viking avaient donné un concert historique en présence de Nelson Mandela et de... la Queen Elisabeth herself.
Pas comme les autres!
L'Europa Jazz se distingue des autres festivals européens, des Antibes, Nice, Montreux, moins Marciac sans doute, par sa
capacité à recevoir comme ces derniers les ténors, stars, incontournables du moment, comme Nina Simone à l'apogée de sa carrière, avant sa fin tragique dans le sud de la France, mais aussi à
révéler des artistes invraisemblables et transversaux comme le grand violoniste Mark Feldman en duo avec le saxo et flûtiste Wolfgang Puschnig, grand improvisateur s'écartant des sentiers battus
et des modes d'écriture classique de la musique improvisée. Une heure avec Feldman et Puschnig fait plus pour l'initiation des jeunes oreilles à la musique que quinze années de conservatoire,
surtout lorsqu'ils jouent lors du passage à l'an 2000 le même jour que le vibraphoniste Franck Tortiller accompagné par Yves Rousseau, David Pouradier-Duteil, Michel Godard, Vincent Courtois,
afin de mieux subvertir l'ouïe la plus traditionnellement éducationnée.
Il conviendrait pour n'oublier
personne de citer Michel Donato "et ses amis européens", les Théberge, Felderbaum, Januska, Paolo Daminani, Stefano Benni, Paolo Fresu, l'immense accordéoniste français Richard Galliano, Mais
aussi le grand Claude Barthélemy, guitariste hors pair et "ex" chef de l'Orchestre National de Jazz, avec son projet associant classique et jazz qui avait alors bénéficié du concours du
philarmonique des Pays de la Loire en version light mais trés post-moderne, en mai 1999, lors du vingtième Festival. Ou l'Art Ensemble de Chicago, phénoménal à la fois dans sa théâtralité et dans
l'énergie prodiguée par ses musiciens.
Oublier Louis Sclavis (vents) et
ses nombreuses tournées régionales, le génial batteur Henri Texier et son concert historique avec le Bagad de Lan Bihoué voici déjà une vingtaine d'années au moins, les concerts des formations
successives auxquelles le batteur Daniel Humair a dédié son talent serait une vraie faute. Tout comme le passage éclair mais remarquable du Big Band de Charles Mingus au Palais des Congrès du
Mans, lors d'une soirée mémorable où le groupe héritier du génie du contrebassiste noir américain aura fait se lever plusieurs fois une salle surchauffée par les riffs, les solis, les thèmes
mingusiens tout entiers tressés de rigueur et de charme: toute la différence entre la culture du big band à l'américaine et celle des bigs bands à l'européenne exposée en à peine deux heures de
show...
Quelques étapes
arbitrairement choisies
Alors oui, il faut parler aussi
de l'hommage à Albert Ayler proposé dans ce cadre par les meilleurs improvisateurs du moment, signant paradoxalement le retour en grâce du free jazz pour la jeune génération qui ne l'avait pas
connu en temps réel. Et, dans le désordre, soit l'ordre moins le pouvoir dixit Léo Ferré, il faut évoquer l'impromptu chaleureux chanté par Jacques Higelin en 1991 avant un final en "batucada" à
la brésilienne hors les murs du Palais des congrès du Mans. Et, la même année, le concert de Steve Lacy en sextet improvisant au saxo soprano sur du Monk.
Sur les seules vingt dernières années, l'Europa aura collectionné les performances
inédites et les moments magiques, hors du temps, qu'un peu de recul fait percevoir comme de véritables séquences initiatiques sans aucun rapport avec la plupart des programmations starisantes et
rangées qui étaient alors monnaie courante dans l'hexagone et ailleurs dans le monde. Voyez ce petit florilège.
1980: concert de la chanteuse Marion Williams (4000 personnes) et un autre de Daunik Lazro
(15 personnes, à l'automne). Le ton est donné: il en faut pour tout le monde, pour tous les publics.
1984: L'Europa naissant invite des formations polonaises et russes.
1990: Immense concert de Nina Simone au Palais des Congrès du Mans!
1992: Eddy Louiss l'organiste le
plus fou de ce côté-ci du Poitou et sa "Multicolor Fanfare"... Joachim Kühn - il a appris à jouer sur l'orgue de Bach - venu en trio avec Daniel Humair et Jenny Clark la même année, où l'on
entendit aussi jouer le grand Manu di Bango, Sarthois de l'étape, ex enfant de Saint-Calais où il était venu jouer pour et avec ses amis de collège ; mais aussi le mythique Barney Wilen, Marcel
Azzola l'ex orchestre à lui tout seul de Jacques Brel, le batteur nantais Bertrand Renaudin et sa "Confrérie des caisses", Egberto Gismonti et bien d'autres. Et le "Passaggio quintet" de
Jean-Paul Celea et François Couturier.
1993 : le public a découvert TSF,
le combo manceau de chanteurs comiques jazzy et folklo à sooooouhait! Joe Mac Phee en duo avec Daunik Lazro, ou Lasro, selon, le saxophoniste le plus libre de ce côté-ci de l'Oural, de son vrai
nom Dominique Lancerot. Le final avec les 18 solistes et imrovisateurs de l'Italian Instabile Orchestra menés par plusieurs chefs au gré des partitions, accompagnés par autant de journalistes
romains, milanais, napolitains fut un régal... Ce fut aussi l'année du déménagement du Festival dans un nouveau local au Mans, qui garde inchangée sa boîte postale n°
192.
1998: Le 1er mai pour être exact, immense prestation du Grand Lousadzak de Claude Tchamitchian composé exclusivement de
contrebassistes, en scène juste avant le trio Lee Konitz, Steve Swallow, Paul Motian, un sommet! Fred Frith, génial guitariste de King Crimson, dans l'action avec "Tense Serenity". Final avec le
Keith Tippett band dans "Tapestry", fresque musicale sans équivalent dans d'autres musiques.
1999: Vingtième édition, au début de laquelle Jean-Marie Rivier racontait le Festival en soulignant à quel point il
s'était nourri d'une utopie née sur fond de désastres écologiques comme celui de Portsall et de luttes anti-nucléaire comme celles de Plogoff, autres marées noires que celles engendrées par le
blues, le New-Orleans, puis le be-bop et le free, via le courant "politique" des conquérants de l'égalité entre les races et des artistes opposés à la ségrégation encore coutumière dans
l'Amérique et le monde des années soixante-soixante-dix.
"Maintenant, nous sommes devenus une de ces institutions que nous contestions en créant le festival", souligne avec
honnêteté et humour J.-M. Rivier. Année où le Vienna Art Orcherstra rendit hommage à Duke Ellington. Et où Louis Sclavis fit le tour de la région en trio. Et où GianLuigi Trovesi créa une oeuvre
originale en direct de l'Epau avec l'Italian Instabile Orchestra juste après une incroyable création de Willem Breuker + le Kollektief Transalpin!
Voilà pour la fin du XXe siècle, partie immergée de l'iceberg musical de l'Europa, sur laquelle il y aurait tant et tant
à dire et à écrire, tout comme par exemple sur la prestation démiurgique donnée dans l'enceinte sacrée et sous les voutes plantagenêt de Saint-Pierre La Cour, à deux pas de la Cathédrale
Saint-Julien, par le contrebassiste néerlandais Wilbert de Joode, au tout début du XXIe siècle, à une heure où les autres se prélassent aux terrasses des cafés voisins!
2001: L'Odyssée du piano avec "Linuckea", création de Keith Tippett, pianiste, époux de Julie Driscoll dans la vie,
fondateur de la formation "Centipède", qui interpellait ses musiciens hors scène après notre entretien en criant en douce "Yes, wait, listen, the french journalist tells me our music sounds like
a Tchaïkowski piece, exactly what I was telling you the other day"! C'est aussi l'année du grand tour régional de Laurent Dehors avec "tous dehors", qui partagea la scène de Trélazé
(Maine-et-Loire) avec le big band ligérien Note Bleue (notre illustration). Et celle de l'ONJ version Damiani, Du prodigieux concert d'orgue à Saint-Julien donné par Fred Van Hove, du final avec
l'ICP Orchestra du batteur fou Han Bennink, juste après Ken Vandermark en quartet. 43 groupes, 219 musiciens, pas moins!
2002: L'Europa Jazz accueille le trompettiste italien Paolo Fresu dans son régional tour avec le pianiste-accordéoniste
Antonello Salis et le contrebassiste Furio Di Castri. Et les Victoires du jazz avec le 11e Django d'Or, le Mingus Big Band, Henri Texier avec Azur, le paganini du jazz Dominique Pifarely en trio,
Dave Holland en quintet, Bernard Lubat et son "Lubat'Art de Gascogne", Denis Colin et ses arpenteurs, Daniel Humair avec ellery Eskelin, Michel Portal...
2003: L'année du retour des lyonnais de l'ARFI, école d'improvisateurs talentueux dont est issue Louis Sclavis, née sur
les pentes de la Croix-Rousse entre traboules et Saône. Il fut un temps où le Hot club de Lyon et les jeunots de l'ARFI ne s'entendaient guère, ce temps est semble-t-il révolu! C'est l'année où
le "Gros Cube" du compositeur et souffleur Alban Darche fait ses premiers pas à l'Europa. Celle de Ricardo Del Fra et de Jacques Pellen en compagnie d'Annie Ebrel entre jazz et Breizh musique.
Enfin celle où le pianiste italien Enrico Pieranunzi vînt enchanter l'Epau, avant l'éclectique sextet du trompettiste Méderic Collignon. Et celle d'un final vitaminé par les "Five Elements" du
génial Steve Coleman.
2004: Le quart de siècle de l'Europa, ça se fête! Avec le plein de cuivres. Année Sclavis, aussi, présent à 16 occasions
dans toute la région. Année Django, avec son petit-fils David Rheinart en trio à Arnage. Et beaucoup de choses jouées dans la rue, au coin des rues, sur les places, partout. Et pour ses 25 ans,
l'Europa franchit le cap des ... 25.000 spectateurs. Et s'achève avec l'Art Ensemble de Chicago.
2005: La chanteuse et contrebassiste Joëlle Léandre occupe l'affiche de l'année, venue accompagnée par Markus Stockhausen
à la trompette et Mark Nauseef aux percussions. Ce que Libération traduit en titrant son annonce du Festival "Les Femmes jazzantes"! Le septet de David Murray (saxos) fut l'un des temps forts
parmi 85 concerts programmés. Tout comme Julien Lourau, Stefano Di Battista, Jacky Terrasson venu remplacer au pied presque levé Mac Coy Tyner, empêché et qui donna un concert de trés haute
tenue.
2008: Philippe Ménard le one blues showman ligérien dans toute sa splendeur, le band post-dodécaphonique d'Alban Darche,
l'accordéoniste Daniel Mille en scène avec l'harmonie de Connerré. Le tromboniste Glenn Ferris et son incroyable aisance, une expressivité proche de celle d'Hendrix avec sa Wah-wah, qui fait
entendre ce qu'il dit lorsqu'il joue...
2009 et 2010 n'ont pas dérogé à la ligne de l'Europa: "La musique est faite pour être entendue en scène. Le jazz a une
image élitiste, or c'est une musique qui s'adresse à tout le monde. Pour moi, le premier contact avec le jazz doit se faire sur scène, plus que par le biais d'un disque", confiait en 2005 Armand
Meignan à une consoeur du Maine Libre.
Les relations entre la presse et l'Europa n'ont pas toujours été simples, mais je dois le dire, principalement parce que
la presse généraliste ou régionale cherche toujours à tirer profit de ce dont elle parle avant de se demander si elle fait son métier, qui consiste au moins autant à annoncer de tels évènements
qu'à en rendre compte, ce que fait mieux la presse dite spécialisée. L'occasion de saluer la naissance récente d'un nouveau titre, "Jazz News", et de regretter qu'il n'ait consacré que quelques
lignes à l'Europa 2011, qui lui a pourtant acheté une page entière de publicité!
Mais il n'en demeure pas moins et encore à présent avec l'essor des sites musicaux sur internet, que l'information de
qualité demeure vitale pour la pérennité ou le développement de tels festivals. Et qu'au Mans, jamais un confrère sincère dans sa démarche n'aura eu à se plaindre de l'équipe d'organisation,
cherchant toujours à faciliter le travail des journalistes au même titre que celui des musiciens.
Shepp & Le
Querrec
Pour ma part, je n'oublierai
jamais la vertigineuse plongée réiitérée plusieurs fois dans les coulisses de l'Europa, pour y parler de la vie et de la musique avec Archie Shepp, homme simple et direct s'il en est, Joe Mac
Phee, me racontant ses débuts en musique dans la cuisine où sa maman lui chantait doucement quelques-uns des airs de blues qu'il joue encore aujourd'hui, une fois le silence installé entre
lui et ses auditeurs, ni les after dans les loges des longues et folles nuits du blues avec des bluesmen d'Angers La Roseraie, AbderKing en tête, ou encore la longue conversation avec Jean-Marie
Rivier, le président du Festival, sur l'autonomie financière de l'Europa Jazz, vraie conquête d'une équipe sans laquelle vous ne seriez pas revenus cette année encore aux portes du mystère de
l'Epau en prendre pour une année et plus de bonnes "vibes" et d'accords septièmes mineurs bémolisés en quinte sur fond de dominante en si bémol majeur sept diminué, heurté par ce foutu sol dièse
mineur onzième en descente d'anatole que les puristes attendent invariablement avant d'aller - enfin - boire une bonne bière et essayer de dormir trois heures avant le prochain concert! Un rédac
chef banal me dirait que la phrase est trop longue, mais personne ne dira jamais à Shepp que son solo est trop long :-)
Archie Shepp et Joachim Kühn
publient ensemble cette année un nouveau CD intitulé "Wo Man", le 12 mai, le jour de leur concert au Mans. Et rejouent ensemble le lendemain à la Fondation Cartier de Paris.
Enfin, last but not least, voici
l'un de mes bons souvenirs à l'Europa: la prestation endiablée du Super Rail Band de Bamako, le meilleur big band malinké-bambara de l'ouest africain, durant laquelle le photographe Guy Le
Querrec était monté en scène avec le pupitre de percussions malienne et dont il subsiste pour seule trace ou presque quelques photos noirs et blancs, peut-être signées Méphisto, autre grand
regard de l'Europa dans la durée, du breton des Côtes d'Armor le plus jazzy du monde en train de démarrer sur un cycle de rythmes d'outre-caïman comme seuls les Bamakois savent les sortir de
leurs peaux!!!
Tant il est vrai que le son
inimitable de l'Europa Jazz n'est rien sans les images en noir et en blanc de grands artistes comme Le Querrec et quelques autres, qui nourrissent la chronique inépuisable des regards sur l'autre
lorsqu'il se fait musicien.
Programme et résas sur www.europajazz.fr
Tel 02 43 23 78 99
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